L’Ensemble La Rêveuse en balade : Une viole de gambe et un théorbe prennent le bus

Ils sont Benjamin Perrot et Florence Bolton, les directeurs artistiques et musiciens solistes de l’Ensemble La Rêveuse.

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Crédit photo : Robin Davies

L’un joue du théorbe et du luth, l’autre de la viole de gambe. Ensemble, ils travaillent les oeuvres des XVIIe et XVIIIe siècles, dont l’illustre Marin Marais. Ils travaillent donc des oeuvres marquées par l’invention et la gourmandise de l’étonnement.

Mais autant écrire aussi qu’ils travaillent une musique dite “élitiste”, une musique de cour appréciée aujourd’hui des uniques “bobos” de notre époque, diront certains.

C’est bien là le sujet…. Les musiciens de l’Ensemble La Rêveuse réfutent cette idée là. La musique ancienne n’est pas une musique réservée à une caste de doux rêveurs d’un temps révolu (et passé à la guillotine en 1789). Non… la musique ancienne est belle, elle appelle chacun à la rêverie, à l’élégance, à la créativité.

Vous pensez peut-être que c’est bien “haut perché” tout cela… Que malgré tout, cette musique là, il faut aller la conquérir. A coup de longues heures d’écoute et de lecture. Non plus…

L’Ensemble La Rêveuse a débuté le 7 novembre 2018 une tournée dans les campagnes du centre de la France pour rencontrer le public en dehors des grandes villes, de leurs grandes salles et de leurs systèmes organisés de programmation.

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Crédit photo : Florence Bolton

Une tournée ambulante, en bus, dans les campagnes du Centre de la France. Là où il est devenu difficile d’organiser des concerts de musique classique. Soit que certains interlocuteurs souffrent d’une petite crispation sur la musique classique, soit que la pénurie de moyens techniques soit telle que même une salle de concert est un rêve inaccessible aux maigres finances locales. Qu’à cela ne tienne, l’Opéra Bus est là. Ce “petit opéra Garnier”, dit Florence Bolton, pour écouter et ressentir la musique classique comme dans une belle salle de spectacles citadine.

La Rêveuse a des rêves…Faire découvrir la musique ancienne au plus grand nombre. Elle travaille parfois avec des “bouts de ficelle”, nous dit Florence Bolton, mais elle invite nos contemporains, des villes ou des campagnes, à goûter un pan oublié de leur culture. Que cette musique née dans les châteaux continue de s’évader avec eux et nous libère de nos idées fausses.

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7 juillet 2010, Sculptures de femmes dansant, Château de Chambord, France. Crédit photo : VVOE pour Shutterstock