Mai-Juin 1912 au Théâtre du Châtelet : Nijinsky danse le Prélude à l’après-midi d’un faune

Les arts s’entrelacent. La partition et le pinceau. Le son des instruments et le bruissement des mots. Le rythme des notes et le mouvement des corps. Faisons ensemble le voyage au travers de ces arts réunis autour de Debussy, à la manière exquise des chefs d’oeuvre qui engendrent d’autres chefs d’oeuvres.

Nous sommes en mai et juin 1912. Les Ballets Russes, et leur danseur Vaslav Nijinski, sont à Paris. On représente, entre autres, le Prélude à l’après-midi d’un faune. On représente… Que dire ? On joue, on danse, on dessine, on photographie, on écrit…

Ces documents sont mieux que les témoins d’une époque. Ils sont un prétexte à la rêverie. Qui n’a pas, un jour, essayer d’imaginer une journée passée à la Belle Epoque ?

Vous avez lu le poème de Mallarmé. Vient ensuite la musique. Les premières notes écrites de la main de Debussy sont ici…

Un matin, vous lisez dans la revue Comoedia que les Ballets Russes sont à Paris et vous y découvrez ce dessin de la danseuse Lydia Nelidova dans l’après-midi d’un faune par Paul Charles Delaroche dans la série « Le théâtre à Paris ». Charles Delaroche a illustré entre 1909 et 1913 le monde du spectacle théâtral parisien. Il est si présent dans les revues, vous le connaissez bien…

En ce printemps 1912, la revue Comoedia Illustré publie un numéro spécial dédié à l’après-midi d’un faune.

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Vous arrivez au théâtre. Vous prenez place. Vous feuilletez le programme et ses fameuses illustrations de Léon Bakst.

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Et puis, pendant la représentation, des photographies sont prises. Celle de l’étoile Nijinski par Waléry est intégrée au catalogue (daté du 29 mai 1912).

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Source : gallica.bnf.fr / bibliothèque nationale de France

Les autres photographies sont du baron Adolf de Meyer. On le dit père de la photographie de mode. Il est aussi l’auteur de quelques trente photographies de Vaslav Nijinski en train de danser le Prélude à l’après-midi d’un faune.

Le réalisateur Christian Comte a reconstitué un film à partir de ces clichés. Ce film a été projeté au festival de Nice en avril 2009. Il est visible gratuitement sur You Tube.

L’effet est saisissant. Vous voilà plongé dans un moment de rêverie absolue : en 1912, au théâtre du Châtelet, Nijinski danse le Prélude à l’après-midi d’un faune… Vous êtes à la Belle Epoque, en train de goûter la modernité de Debussy, son univers de rêves et de sensations raffinées.

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