Qui a volé le Boléro de Ravel ? Enquête sur un tempo malheureux

Un fait du hasard, un coup détestable du destin

Le Boléro de Ravel doit son existence musicale à un fait du hasard et sa gloire médiatique à un coup détestable du destin.

Ida Rubinstein, la commanditaire du Boléro, et Maurice Ravel
Ida Rubinstein et Maurice Ravel. Photos tirées du documentaire « Qui a volé le boléro de Ravel » et gracieusement communiquées à Gang Flow par Fabien Caux-Lahalle.

Ida Rubinstein commande en 1927, pour l’Opéra de Paris, l’orchestration de six mouvements d’Ibéria d’Isaac Albeniz qu’elle souhaitait chorégraphier.

Les droits d’Ibéria sont toutefois déjà réservés et Maurice Ravel doit alors composer en urgence. C’est le début d’une invraisemblable saga où le droit moral du compositeur se noie inexorablement au milieu de questions juridiques et financières.

Maurice Ravel au piano
Maurice Ravel au piano.  Photographie tirée du documentaire »Qui a volé le boléro de Ravel » et gracieusement communiquée à Gang Flow par Fabien Caux-Lahalle.

Maurice Ravel, celui que Stravinsky comparait volontiers à un « horloger suisse » tant sa composition était précise, était trop peu soucieux des nécessités du quotidien et du matériel.

Aucun testament donc et les neufs décennies qui se sont écoulées depuis la date de naissance du Boléro se sont bien chargées de lui reprocher cette légèreté d’artiste aux prises avec une lourde maladie.

Le boléro de 1928 à 2016 : Le documentaire en neuf mouvements

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« Qui a volé le boléro de Ravel » , gracieusement communiqué à Gang Flow par Fabien Caux-Lahalle.

Diffusé la première fois le 28 avril 2016 sur France 5 et Culturebox, soit la veille de l’entrée dans le domaine public du Boléro, le documentaire « Qui a volé le Boléro de Ravel? » est une enquête réalisée par Fabien Caux-Lahalle.

Quelle enquête ! « Pas évident ! », nous dit-il. L’histoire était si complexe, si tourmentée que « seule la narration chronologique » était possible.

Et puis, comment ne pas s’engouffrer dans la recherche de la vérité ? Fabien Caux-Lahalle réalisait une émission pour France 5 quand il découvre la version « jazz-reggae » du Boléro par Franck Zappa. Version interdite, tout comme d’autres …

Notre réalisateur appelle alors la SACEM et « la maison », comme il l’appelle, ne sait pas répondre à ses questions. C’est le début d’un travail d’enquête qui mène notre réalisateur d’interview en interview, de recherches documentaires en lectures et relectures. Les heures passées à rechercher la logique de l’imbroglio autour des droits d’auteur du Boléro n’auront servi qu’à multiplier ses interrogations et ses doutes.

Neuf épisodes et une seule question demeure : Mais où est donc passé le respect du droit moral du compositeur sur son oeuvre ?

Fabien Caux-Lahalle a construit son documentaire sur le modèle d’une enquête. Il l’a ponctué, au rythme régulier du Boléro, d’images et de documents sonores et visuels d’époque. Un modèle de pédagogie à savourer.

Les 9 épisodes ici, sur culturebox

L’épisode 10 de la série prêt à être tourné : « La modulation en mi majeur qui permettra à Ravel de terminer son Boléro« 

1er Mai 2016, le Boléro « tombe » dans le domaine public. L’expression est maladroite, tout comme l’annonce… L’histoire aura-t-elle jamais une fin ?

Les héritiers d’Alexandre Benois, collaborateur de Maurice Ravel, ont engagé en 2018 une procédure judiciaire contre la Sacem pour faire reconnaître leur aïeul comme co-auteur  du Boléro.

C’est qu’il reste encore bien des questions : Que s’est-il passé depuis le 1er mai 2016 ? Quelle est la véritable origine du Boléro ? Qui sont les derniers descendants de Maurice Ravel ? Fabien Caux-Lahalle a donc continué son enquête et voici le dernier épisode de la série prêt à être tourné. Une version internationale de la série sera également préparée, avec une traduction en anglais, basque et japonais.

Vous pouvez contribuer à la réalisation de cet ultime épisode de la série… Rendez-vous sur Ulule : Participez au financement du dixième épisode de la série

Fabien Caux-Lahalle, merci à vous et belle et longue vie à votre documentaire.

Qui a volé le boléro de Ravel