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Cette musique… c’est celle de Brahms ? …. Non. C’est Mahler…

Sébastien Gréliak, Cécile Vindrios, Guillaume Sigier et Olivier Marger. Crédit photo : Anne-Sandrine Di Girolamo

Un dimanche matin ensoleillé d’hiver. Conservatoire de Lille et son très bel auditorium. Un public connaisseur et bienveillant. C’est que le programme annoncé par quatre musiciens talentueux est une proposition rare.

Ce matin là, ils jouent le quatuor pour piano et cordes de Mahler ainsi que le quatuor pour piano et cordes n° 2 en la majeur (opus 26) de Brahms.

Guillaume Sigier (piano), Sebastien Greliak (violon), Cécile Vindrios (alto), Olivier Marger (violoncelle). Crédit photo : Anne-sandrine Di Girolamo

Mahler a écrit son quatuor pour piano et cordes alors qu’il était à peine âgé de 16 ans, étudiant au conservatoire de Vienne. Oeuvre de jeunesse et d’étude, ce quatuor inachevé est une oeuvre romanesque à lui seul.

Concert du 20 janvier 2019, Crédit photo : Anne-Sandrine Di Girolamo

Peut-être joué au conservatoire de Vienne en 1876 ou 1877 avec Gustav Mahler au piano, ce quatuor est aussi l’unique oeuvre de musique de chambre connue à ce jour du grand symphoniste.

C’est aussi une oeuvre redécouverte par Alma Mahler dans le fatras des papiers de son époux bien plus tard et recréée en 1964 à New York City par Peter Serkin au piano et les membres du fameux quatuor Galimir. Le grand public a, pour sa part, découvert le quatuor de Mahler grâce à Martin Scorcese et son film Shutter Island dans une scène où l’on ne sait si c’est la musique qui donne aux images leur puissance d’évocation ou l’inverse tant l’union est d’art.

Sébastien Greliak, Guillaume Sigier, Cécile Vindrios, Olivier Marger. Crédit photo : Anne-sandrine Di Girolamo

Le quatuor pour piano et cordes n°2 en la majeur (opus 26) de Brahms est lui-aussi empreint d’histoire et laisse le mélomane rêveur. Composé en 1861, il est d’abord très sévèrement accueilli par le public et le critique musical Edvard Hanslick. Sans doute fallait-il du temps… car plus tard, le critique adoucit ses mots et voit en cette oeuvre le centre de l’art du compositeur devenu un ami proche. C’est que Brahms se joue du rythme et teste la matière musicale dans chacun des quatre mouvements du quatuor.

Le programme joué ce dimanche 20 janvier 2019 s’annonçait donc comme un voyage dans le Vienne musical qui essaie et titille la tradition pour mieux l’ancrer. Les quatre artistes présents sur scène ont donné, quant à eux, un concert sensible et délicat. Leur interprétation, juste et pointilleuse, mérite bien d’autres dates. Avis aux programmateurs…

Concert du 20 janvier 2019, Conservatoire de Lille, Sébastien Greliak (violon), Cécile Vindrios (alto), Olivier Marger (violoncelle), Guillaume Sigier (Piano). Crédit photo : Anne-Sandrine Di Girolamo

Et puis, nous avons emprunté les mots de notre titre à l’une des répliques du film de Martin Scorcese. En voici donc un extrait.

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