Ne soyons qu’amants et musiciens !

Amour. Tragique. 

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Venise, Palais Vendramin. Crédit photo : Shutterstock

Nous sommes le 13 février 1883 à Venise au Palais Vendramin. Richard Wagner succombe à une crise cardiaque, alors qu’il travaille sur le manuscrit de son essai Le Féminin dans l’humain. Gardez pour vous toutes remarques ou pensées hasardeuses : en ce jour de la Saint Valentin, il faut penser positif et droit.

Tout de même, Richard Wagner succombe, la veille de la Saint “Amour”, en traçant les deux mots suivants : “Amour. Tragique”. Rassurez-vous. Même si, aujourd’hui, certains messieurs rentreront du travail la fleur à la mallette et si beaucoup mangeront gras, salé et sucré, d’autres (peut-être lecteurs de Gang Flow) préféreront se souvenir de l’histoire mouvementée de Richard et Cosima.

Cosima est la fille de Franz Liszt et d’une très belle créature, la comtesse d’Agoult. Papa est pianiste et compositeur, maman est écrivain… Les deux sont amants. La petite Cosima est donc élevée par la Baronne Von Bülow dont le fils, Hans, est l’élève favori du compositeur. En 1857, Cosima épouse l’élève le plus doué de papa, mais Saint Valentin ne passe pas par là.

Hans Von Bülow, mari et piètre amant, est un chef d’orchestre perspicace et talentueux : il reconnaît la musique de Richard Wagner et devient son plus fidèle disciple. Au point de devoir partager Cosima avec Richard dès 1863 et de fermer les yeux sur les naissances qui suivront…. 1863-1868 sont des années noires pour le chef d’orchestre qui crée à Munich, les chefs d’oeuvre de son rival : Tristan et Isolde en 1865 et Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg en 1868. Cosima et Richard ont beau abriter leur amour au bord du lac des Quatre Cantons à Triebschen… Le scandale enflamme les salons.

Juillet 1870, le divorce est prononcé. Août 1870, Cosima devient Madame Wagner. Elle n’était pas la première du tout. Vous lirez peut-être un jour l’histoire de Minna Planer et de toutes les autres. Richard aime le luxe et les femmes…. Mais c’est Cosima qui a perpétué la mémoire de son mari au Festival de Bayreuth pendant plus de quarante ans. Elle est donc bien Madame Wagner.  Et leur histoire d’amour, une histoire comme il s’en conte beaucoup au sein des orchestres. Entière, passionnée et libre.

Eh bien ! Ne soyons qu’amants et musiciens !

Richard Wagner, 5 septembre 1870, Lettre à Catulle Mendès. Publiée chez Les Cahiers Rouges, Grasset
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Caricature de Richard Wagner par André Gill publiée en 1869 dans la Revue L’Eclipse. Source Gallica, Bibliothèque Nationale de France