Les solistes du Concert d’Astrée à la Villa Cavrois : #précieux

Chacun est un symbole. Chacun, en son domaine, un exemple d’excellence, de créativité et de liberté artistique. Le Concert d’Astrée, ensemble vocal et instrumental fondé en 2000 par Emmanuelle Haïm, est un fleuron du répertoire baroque en France et dans le monde. La Villa Cavrois, de son côté, c’est le château moderne imaginé et créé entre 1929 et 1932 par l’architecte Mallet-Stevens. 

Le 30 mai 2019, Virginie Tarrête (harpe) et Jocelyn Daubigney (flûte), solistes du Concert d’Astrée, ont magnifiquement interprété un programme musical exigeant et raffiné dédié à la harpe et la flûte anciennes. 

Une très belle rencontre artistique suscitée tant par la richesse des lieux, la qualité d’interprétation d’un programme finement construit que la pédagogie déployée par les artistes.

Quand un château moderne résonne au son des solistes du Concert d’Astrée

Le cadre du concert ? Un lieu familial et intime, dédié aux arts : la salle de jeux des enfants située au second étage de la Villa. 

La pièce a été conçue sur deux niveaux par l’architecte Mallet-Stevens. Elle est une véritable salle de spectacles où les enfants pouvaient se livrer à toutes sortes de jeux théâtraux et pantomines.

Toute imprégnée de sa modernité, la pièce n’est pourtant pas sans filiation avec les salons de musique de l’ancien régime. Il en est de même pour la vue sur le jardin. Une fenêtre longue et étroite invite le spectateur à porter son regard sur le longiligne et majestueux miroir d’eau imaginé par l’architecte. Un miroir d’eau comme un rappel des compositions paysagères des 17e et 18e siècles. 

La Villa Cavrois, olympienne moderne, étonne et séduit donc dans ce rôle de « maîtresse de musique ».

Une Harpe à la Cour : un concert pour découvrir la littérature pour harpe et flûte du 18e au 19e siècles

Virginie Tarrête. Concert d'Astrée. Villa Cavrois Crédit photo : Anne-Sandrine Di Girolamo

1770 : Marie-Antoinette arrive en France. Harpiste, elle invite la Cour à suivre son penchant pour l’instrument. Derrière elle, c’est aussi tout un pays qui s’éprend du genre de la romance. Et puis, l’instrument, à l’image de la musique alors composée, devient un symbole du raffinement aristocratique français. 

« Une harpe à la Cour » met en valeur la harpe et la flûte en proposant au public des compositions rares ou méconnues du répertoire. La Sonate en Fa pour flûte et harpe de Jean-Baptise Krumpholtz, dédiée à la Reine Marie-Antoinette ou bien le nocturne op.71 n°2 pour flûte et harpe de Robert Nicolas Charles Bochsa sont de véritables découvertes pour le public. 


Une « Harpe à la Cour » est donc un travail de recherche sur le répertoire disponible entre le 18e et le 19e siècles. C’est aussi une quête de l’authenticité sur le son. Jocelyn Daubigney et Virginie Tarrête  travaillent, en effet, depuis plusieurs années sur des instruments anciens. Ils tendent ainsi à se produire sur les instruments historiquement les plus proches du répertoire qu’ils interprètent. La harpe sur laquelle Virginie Tarrête s’est produite à la Villa Cavrois était, par exemple, un instrument original du facteur Sébastien Erard, l’inventeur du système du double mouvement en 1810. 


Des musiciens non seulement virtuoses mais aussi pédagogues et disponibles

« Dépoussiérer l’image de la musique baroque, ne pas avoir peur du mot culture, classique ou ancien. Tout est dans la manière dont on appréhende ce répertoire. Et ce serait une injustice faite à soi-même que de penser que l’art n’est pas pour soi mais réservé à une élite. »

Ces mots d’Emmanuelle Haîm, chef fondateur du Concert d’Astrée, ne sont pas de vains mots. Les musiciens qui l’accompagnent dans cette démarche mettent en pratique les idéaux de leur chef d’orchestre de façon tout à fait simple et efficace. 

Jocelyn Daubigney et Virginie Tarrête en concert à la Villa Cavrois, c’est en effet bien plus qu’un concert qu’on pourrait dire « marketé ». Beaucoup commentent désormais leur programme en concert et le rendent accessible et compréhensible, quel que soit le niveau d’éducation musicale des personnes présentes dans la salle.

Passionnés et visiblement heureux de partager leur amour de la musique et l’histoire de leurs instruments, ils dépassent, en effet, cette pédagogie déjà très positive du concert de leur présence passionnée et souriante. Quelques questions à la sortie du concert et voici nos musiciens ravis de partager leur savoir et le fruit de leurs recherches férues et quotidiennes pendant de longs échanges.

Bref, un concert des solistes du Concert d’Astrée à la Villa Cavrois c’est un évènement précieux. #baroqueiseverywhere et c’est vraiment un plaisir !


Virginie Tarrête et Jocelyn Daubigney. Concert d'Astrée. Villa Cavrois Crédit photo : Anne-Sandrine Di Girolamo

Programme de ce concert :

  • Jean-Baptiste Krumpholtz (1745-1790) : Sonate en Fa pour flûte et harpe
  • Joseph Naderman / Jean-Louis Tulou (1781-1835) : Nocturne pour flûte et harpe
  • Gioachino Rossini (1792-1868) : Andante con Variazioni
  • Gaetano Donizetti (1797-1848) : Sonate en Sol
  • Robert Nicolas Charles Bochsa (1789-1856) : Nocture pour flûte et harpe op.71 n°2

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