Michel Dalberto pose la question de la maturation artistique

Beethoven

Sonate, du latin sonare qui signifie sonner. Ou composition instrumentale pour soliste ou petit ensemble. Sous ses airs très simples, cette définition de Marc Honegger dans son Dictionnaire du musicien de la sonate est éclairante… Sonner et soliste sont, en effet, les maîtres mots de la question posée par Michel Dalberto dans son disque disponible au label La Dolce Volta.

Le pianiste propose un recueil de cinq sonates de Beethoven, composées à des époques différentes. Si le choix des pièces permet de découvrir l’évolution de l’écriture du grand Beethoven, il est aussi une leçon d’artiste confronté depuis tant d’années à la question essentielle de la maturité artistique.


Une invitation à écouter l’inconcournable

Cinq sonates pour piano sur trente-deux. Il s’agit donc d’un premier voyage, d’un regard jeté sur l’essentiel dans le corpus des sonates de Beethoven. Mais quel regard ! De la sonate n°8 en do mineur, op.13 ou « Pathétique » qui ouvre le disque avec son envergure novatrice pour le genre et sa tonalité emblématique de Beethoven. A la sonate n°12, op.26 dite « Funèbre » qui renonce, quant à elle, à une structure classique pour mieux impressionner de ses accents lourds. Puis la forme plus simple et plus méditative de la sonate n°14, op.27, immensément célèbre « Clair de lune ». Les trois sonates qui composent le premier volume sont donc célébrées. Elles révèlent, selon les termes même de Michel Dalberto, le « gigantisme de l’imaginaire du compositeur ».

Que nous réserve alors le second volume ? La sonate pour piano n°23, op.57, la fameuse « Appassionata », débordante de passion et de tourments, construite tout en tension. Et puis, l’ultime, la dernière, la sonate n°32, op.111 dont on dit parfois que l’Arietta n’aurait pas pu être suivi d’autre chose. Une dernière sonate pour Beethoven donc, marquée d’un statut symbolique et impressionnante de solidité.

Ce double disque La Dolce Volta est une invitation à l’incontournable des sonates de Beethoven. Il s’adresse à qui souhaite goûter. Mais c’est là bien réducteur que d’exprimer en ces termes l’intérêt de ce disque. Michel Dalberto publie en effet un répertoire difficile parce que célébré. Il donne ainsi à tout jeune artiste une belle leçon de ce que peut être l’exercice de la maturation artistique.

Michel Dalberto ou la difficile question de la maturation artistique

Michel Dalberto

Michel Dalberto a travaillé de façon très approfondie la musique de Schubert. En bien des occurrences, l’interprète avoue que cette relation intime nouée très jeune avec Schubert l’a sans doute éloigné de la musique de Beethoven.


Il avait pourtant débuté l’étude des oeuvres de Beethoven au Conservatoire de Paris avec les 32 Variations en ut mineur et les Sonates op.7, op.81a « Les adieux » et l’opus 111. Il a ensuite donné sa version de l’opus 7 au Concours international Clara Haskil puis au Concours International de Leeds…

Cette époque là est déjà lointaine. Ce n’est que depuis une dizaine d’années que Michel Dalberto a décidé d’aborder quelques unes des sonates du grand Beethoven. Un démarche artistique emplie d’humilité et donc de maîtrise qui donne à chaque jeune artiste une clé de compréhension.

Certains soutiennent, en effet, que certaines des sonates de Beethoven doivent être étudiées jeune afin de pouvoir être muries avec le temps. D’autres complètent ce propos. Ils ont l’humilité de dire au public ce qu’ils ressentent et comment leur sensibilité artistique, leur relation avec un compositeur a évolué avec le temps. En cela, Michel Dalberto qui a construit avec avec ces cinq sonates de Beethoven une relation tissée de vérité extrême est brillant de sincérité. De là, nait le sens de son travail de soliste et la qualité de son interprétation en ce disque remarquable de justesse.

Quelques extraits de ce disque de Michel Dalberto

Beethoven
Michel Dalberto (c) William Beaucardet

Pour consulter le site internet de l’artiste

Nota : Les photographies de cette publication ont été prises par William Beaucardet pour La Dolce Volta.


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