Smoking Joséphine ? Traduisez : « Liberté, Egalité, Amours »

Smoking Joséphine

Smoking Joséphine ? Un nom qui ne s’explique pas et c’est tant mieux. Le charme opère, pris entre une juxtaposition insolite et d’allusives références. Mais Dieu sait combien, en les écoutant, on devient captif. Beaucoup de liberté, d’égalité et d’amours pour un quintette à cordes pas tout à fait comme les autres et qui propose un premier disque chez Naïve, sorti le 14 février 2020. Liberté, égalité, amours ? Ou Smoking Joséphine, au disque et en concert, à découvrir.

Smoking Joséphine

Les cinq musiciennes de Smoking Joséphine sont jeunes et belles. Mais là n’est ni le problème ni l’avantage. Geneviève Laurenceau (violon), Olivia Hughes (violon), Marie Chilemme (alto), Hermine Horiot (violoncelle) et Laurène Durantel Helstroffer (contrebasse) sont virtuoses et follement musiciennes et c’est ce qu’on attend. Mieux ! De leur manifeste plaisir à jouer ensemble, elles transforment l’heure d’écoute en un moment de joie en habillant leur ensemble de trois mots qui lui vont à ravir : Liberté, Egalité, Amours.

Libres Smoking Joséphine

Liberté… On les sent libres. Pas revendicatrices mais libres. C’est mieux. La composition de cette formation créée par la violoniste Geneviève Laurenceau (un quintette de cordes avec contrebasse) est un signe. Il n’est pas le seul. Au programme de leur disque, un répertoire classique arrangé par Nicolas Worms et Fabien Touchard. Réécritures hautement séductrices d’illustres pièces de Elgar, Prokofiev, Liszt, Chopin, Bernstein, Saint-Saëns, Kreisler ou De Falla… Ces musiciennes aiment la fantaisie. En se jouant d’un grand répertoire qu’elles adaptent au gré de leur désir de se retrouver ensemble sur scène, elles suscitent finalement l’envie beaucoup plus que l’étonnement. Le public est conquis.

Egalité entre instruments

L’expression est juridique. Egalité en droit ? Voilà une idée qu’elles auraient pu exploiter. Un quintette de cinq femmes, cela aurait pu ressembler, en cette époque tourneboulée par les MeToo et autres nouveaux mouvements féministes, à un manifeste (de plus). Mais les Smoking Joséphine prennent une longueur d’avance sur un état d’esprit de la revendication. Etre et exister sur scène et en quintette ? Nos cinq musiciennes montrent l’exemple de la modernité d’une manière tout à fait jolie et subtile.

C’est que l’équilibre entre leurs instruments est parfait. Il n’y a qu’à écouter les deux violons en fermant les yeux. Qui est qui ? Les sons s’épousent si parfaitement, leur complémentarité sonore est si forte que finalement le concept de premier violon s’évanouit au grand bénéfice de la justesse du discours violonistique dans son ensemble. L’alto n’est pas en reste avec ses mélodies parfaitement chantées. Le violoncelle est oh combien divin quand il prend la parole. Et la contrebasse… Ah la contrebasse ! Ce petit bout de femme, de tempérament presque timide, mais qui offre aux Smoking Joséphine son passeport vers la liberté et la libération de quelques codes du quintette à cordes classique. A chacune sa voix, à chaque instrument son discours. Les Smoking Joséphine, fantaisistes assumées, s’exercent à la rhétorique de la démocratie. Derrière la liberté règne aussi, en cet ensemble moderne, le respect du discours de chacune.

Amours, toujours !

Smoking Joséphine

Amours, toujours ! Pour leur premier disque (sorti le 14 février, tout de même), les Smoking Joséphine ont joué la carte du classique, si on nous permet l’expression. L’amour… Sensuel ou romantique, tendre, foudroyant ou plus ironique, blessant ou macabre, vrai ou fantasmé. Toutes les couleurs de l’amour sont donc chantées par ces cinq jeunes musiciennes dont on admire l’énergie très contagieuse et le sens de la musicalité.


Au programme du disque sorti le 14 février 2020 chez Naïve

Smoking Joséphine
  • Edward Elgar : Salut d’amour, opus 12
  • Sergei Prokofiev, Roméo et Juliette
  • Franz Liszt, Liebesträume
  • Frédéric Chopin, Ballade n°1 en sol mineur, op.23
  • Leonard Bernstein, West Side Story
  • Camille Saint-Saëns, Danse macadre, op.40
  • Fritz Kreisler, Liebesfreud et Liebesleid
  • Manuel de Falla, Danse rituelle du feu, extraite de l’Amour sorcier


Pour découvrir le site internet des Smoking Joséphine

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