Sublime XIII, magnétiques pays sombres du Quatuor Ardeo

Quatuor Ardeo (c) Franziska Strauss

XIII. Voici le titre du dernier né du Quatuor Ardeo. Ce disque profond, à la sonorité mature, est disponible chez Klarthe.

Construit autour de Black Angels de George Crumb, oeuvre composée et créée en pleine guerre du Vietnam, le disque emporte l’imaginaire de chacun en des contrées énigmatiques. Son programme prend et emmène dans un voyage au-delà du monde, dans la pénombre des douleurs personnelles et des guerres. Avec Monteverdi, Purcell, Shubert et Crumb, la mort, Dieu, le Bien, le Mal, l’Ombre, la Lumière sont sublimées, dans une recherche incessante de la nature profonde de l’être.

XIII : Notre chronique

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Sublime XIII

XIII

La mort, Dieu, le Bien, le Mal, l’Ombre, la Lumière. Le disque que nous évoquerons ici sonde le sublime. Intitulé XIII, le dernier né du Quatuor Ardeo vous prend et vous emmène dans un voyage au-delà du monde, dans la pénombre douloureuse des douleurs personnelles et des guerres. 

Black angels, George Crumb

Au-delà. Voilà donc le mot clé autour duquel l’oeuvre centrale du disque s’articule. Cette oeuvre c’est Black Angels de George Crumb, composé et créé en 1970, en pleine guerre du Vietnam. Cette pièce pétrie de symbolisme, truffée de références musicales du passé défie  aussi toutes les lois du quatuor, avec des instruments électrifiés et le recours à des sons percussifs ou vocaux de toutes sortes, assurés par les quatre instrumentistes eux-mêmes et à tour de rôle. 

Treizième madrigal, Monteverdi

Très empreint de mysticisme, Black Angels est placé au coeur du disque par le Quatuor Ardeo. Il est amené, cité, explicité grâce à plusieurs autres pièces majeures du répertoire baroque ou classique. Premier exemple de cette explication de texte par la juxtaposition d’oeuvres, une transcription du début du 13eme madrigal de Monteverdi, écrit sur le sonnet 164 de Petrarque. Une splendeur. 

Treizième quatuor à cordes, Schubert

Voici le moment d’évoquer le chiffre 13, chiffre éponyme du disque. Non seulement, au coeur de la pièce de Black Angels les chiffres 7 et 13 jouent un rôle central dans cette pièce toute symbolique. Mais aussi, le quatuor propose à l’écoute dans ce disque le treizième quatuor à Cordes D.804 de Schubert, interprété de façon magnifique par nos quatre musiciennes. Une pièce douloureuse et désespérée pour évoquer (encore) autrement, mais encore, l’angoisse devant la mort. 

Et puis…

Il vous restera à savourer, en écho à deux sections symétriques de Black Angels, la pavane et chaconne de Purcell. Et puis, toujours de façon aussi cohérente par rapport à Black Angels, le Quatuor Ardeo propose deux transcriptions splendides des Lieder La Mort et la jeune fille  et Les Dieux de la Grèce de Schubert. 

Voilà donc un très très beau disque. Une leçon d’histoire de la musique ? Peut-être à en lire le livret très précis. Mais, ce que je retiens de l’écoute de ce disque, c’est sa cohérence, la maturité des interprétations et la profondeur de son message. L’homme face à la mort, aux prises avec des mondes douloureux, de l’infiniment petit et personnel, au plus immense et indicible. Ce disque s’écoute en fermant les yeux. Il est un sublime instant de réflexion sur la nature humaine. 

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