Nikolaus Harnoncourt, Le Baiser des Muses

Le Baiser des Muses

Nikolaus Harnoncourt, Le Baiser des Muses. Quel titre somptueux pour ce livre d’entretiens publié aux éditions Actes Sud !

Nikolaus Harnoncourt, l’immense artiste, chef d’orchestre autrichien qu’on surnomme le « Karajan du baroque » se présente ici au lecteur, au détour de discussions en partie inédites avec le journaliste et écrivain Bertrand Dermoncourt, directeur de la musique de Radio classique et auteur de nombreux ouvrages. 

Nikolaus Harnoncourt, Le Baiser des Muses

Un regard vif et précis

« Une fois passé le vestibule où nous accueillait, souriante et attentive, Alice Harnoncourt, écrit Bertrand Dermoncourt dans son avant-propos, on montait dans le bureau de travail de son époux. Là, il faisait d’abord part de ses dernières découvertes, un tableau, une gravure ou une partition, et, sans prévenir, l’entretien débutait. Les yeux dans les yeux, s’engageait alors une conversation toujours intense et stimulante, comme l’était son regard. » 

Nikolaus Harnoncourt est un regard. Vif et précis sur l’évolution du son des orchestres internationaux, l’internationalisation du monde musical, ou encore la place du disque dans son propre parcours immense de plusieurs centaines d’enregistrements. Surtout, quel piquant ! A Bertrand Dermoncourt qui lui demande s’il a un compositeur favori, le chef badine. « Je ne comprends pas bien ces groupes anglais ou nordiques qui jouent Vivaldi. Où trouvent-ils le caractère italien de cette musique ? » Le journaliste de faire remarquer qu’il a lui-même dirigé Vivaldi ! Et le chef de répondre « Oui c’est parce que je me sens très méditerranéen. Et j’ai toujours été en contact avec les chanteurs italiens…. ». Le voilà l’artiste. Parfois percutant, parfois manquant de sérieux.

Une réflexion profonde sur le travail de l’artiste

Et puis à d’autres moments, d’une lucidité frappante sur la valeur profonde du travail de l’artiste, la permanence de l’être humain et une totale dévotion aux « chefs d’œuvre qui transcendent le temps. « Chacun doit suivre sa propre logique et sa vision de l’art. Quant à moi, je m’imagine mal changer de dentiste et aller voir un médecin du 17ème siècle ! Je n’aime pas Shakespeare, Michel-Ange ou Monteverdi pour leur époque, mais pour leurs chefs d’œuvre qui transcendent le temps. L’homme change, peut-être. Mais une grande partie de lui-même est et restera toujours identique tant qu’il sera mortel. »

Au début, je n’envisage jamais un cycle complet. Je planifie une oeuvre puis l’autre, tout simplement. Puis il arrive un point où je me dis : « Mais pourquoi ne pas tout faire ? »

In Nikolaus Harnoncourt, le baiser des muses, II Évolution, rÉvolution

Nikolaus Harnoncourt, Le Baiser des Muses, entretiens avec Bertrand Dermoncourt, publié chez actes sud est un petit bijou. Sous chaque mot, la musique. Derrière chaque entretien, un regard subtil et personnel sur l’art.


Découvrez notre podcast Culture Sur-Mesure