En attendant J.Sebastian Bach : Quatre cordes en vibration

Voici un disque qui se présente comme un voyage initiatique en Europe au 17èmesiècle. Un répertoire né des échanges culturels depuis Rome et Naples jusqu’à Londres, puis Hambourg et Lübeck, Weimar, Dresde, Salzbourg, Venise et Francfort. Au cœur d’une époque riche, très mouvementée, créative, riche de pages de musiques écrites pour le violon seul sans basse qu’on écoute ici avec délice.

En attendant J. Sebastian Bach, Quatre cordes en vibration par la violoniste Odile Edouard est un disque disponible aux éditions de la matrice.m.

Podcast : En attendant J.Sebastian Bach

Un voyage initiatique en Europe au 17ème siècle

Les compositeurs mis à l’honneur dans ce disque En attendant J.Sebastian Bach sont tous de grands virtuoses du violon.  Thomas Baltzar, Nicola matteis, Henrich Franz von Biber, Johann Paul von Westhoff, Johann joseph Vilsmayr, Johann Georg Pisendel et puis Goerg Philipp Telemann. 

Tous « ont largement contribué au développement de la virtuosité du violon dans cette partie de l’Europe. A leur suite, le jeu polyphonique du violon s’y est développé. Une Europe qui se mélange au gré des princes », écrit Odile Edouard dans le livret remarquable qui accompagne le disque. Au fil des histoires et des clés d’écoute, on reconnaît le talent de pédagogue d’Odile Edouard, professeur au centre de musique ancienne de Genève puis au conservatoire national supérieur de musique de Lyon. 

Nous n’avons pas résisté au plaisir de vous faire entendre un extrait de la passacaglia de Henrich Ignaz von Biber. « Sans doute la pièce la plus accomplie écrite pour violon seul au 17ème siècle. Véritable « tube », elle ne cesse d’émouvoir », écrit Odile Edouard. La pièce est interprétée ici sur un violon de Marieke Bodard inspiré par la facture de Jacob Stainer, le luthier préféré des grands violonistes baroques comme Vivaldi ou Tartini. Ajoutons ici que l’intérêt de ce disque réside aussi dans l’usage de deux violons et de cinq archets différents. A chaque discours, à chaque écriture, à chaque inflexion stylistique son instrument et son archet.

Ce disque En attendant J.Sebastian Bach est un grand et beau voyage dans l’univers créatif de virtuoses trop peu interprétés. Au terme de ce parcours, la Ciaconna de Bach extraite des sonates et partitas prend alors tout son sens.

Extraits et crédits

Extrait 1 : Thomas Baltzar (1631-1663) : Suite pour violon seul. Prélude. Par Odile Edouard, En attendant J.Sebastian Bach, Quatre cordes en vibration.

Extrait 2 : Heinrich Franz von Biber (1644-1704) : Passacaglia, extraite des Sonates du Rosaire. Par Odile Edouard, En attendant J.Sebastian Bach, Quatre cordes en vibration.

Photographie : Anne-Sandrine Di Girolamo