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Trésors de la filiation, d’Edison Denisov à Fedor Rudin

Fedor Rudin
Fedor Rudin

Le violoniste Fedor Rudin publie au disque un remarquable témoignage de l’oeuvre du compositeur russe Edison Denisov, le grand-père qu’il n’a connu que très peu mais dont la musique l’a accompagné sur le chemin de la vie.

Héritage, par Fedor Rudin (violon) et Boris Kusnezow (piano) disponible au label Orchid Classics.

Fedor Rudin et Edison Denisov, la musique en héritage

Fedor Rudin a perdu son grand-père à l’âge de quatre ans. Il se souvient pourtant avoir très tôt reconnu inconsciemment la musique de son grand-père. « Lorsque j’étais petit, nous écoutions beaucoup de musique à la maison, aussi celle de Denisov. Ma mère raconte que je reconnaissais toujours sa musique, même lorsqu’il s’agissait de compositions que je ne connaissais pas encore. Il parait que je regardais la radio et que je criais Dyed. (papi en russe). » Le petit garçon a grandi, entre la Russie et la France où il est arrivé à l’âge de deux ans. Désormais chef d’orchestre et musicien soliste à la renommée internationale, il interprète dans son dernier disque Héritage des oeuvres connues ou inédites de son grand-père ainsi que celles de compositeurs qui ont marqué ce dernier.

Né en à Tomsk en 1929, Edison Denisov a indéniablement marqué la musique russe de l’après-guerre. Successeur dans le temps de Dmitri Shostakovich et de Sergei Prokofiev, il a posé un regard vivifiant et critique sur le travail de ses prédécesseurs et composé une musique tout en intensité . Tout l’intérêt du travail du duo Fedor Rudin et de Boris Kusnezow dans ce disque repose sur une triple exigence. Celle d’apporter a public la possibilité d’entendre ou de réentendre des oeuvres fameuses du compositeur, mais aussi des oeuvres inédites, inconnues, voire non publiées grâce au soutien de la seconde épouse du compositeur et musicologue, Ekaterina Kouprovskaia-Bruggeman.

« Edison avait un goût très spécifique, clairement défini. Il y avait de la musique qu’il aimait et de la musique qu’il ne pouvait souffrir. Hindemith, Prokofiev et Chostakovitch l’agaçaient au plus haut point ; il pouvait se mettre très en colère lorsque ses oeuvres étaient jouées avec leur musique. Par contre, il était un grand admirateur de l’impressionnisme français. » Manifestement, l’ami Jurowski n’a pas été écouté par Fedor Rudin. Offrant à l’auditeur des oeuvres de Debussy, Shostakovich, Prokofiev et Mussorgsky, il prend donc en considération l’univers affectif de son grand-père, que ce soit en affection ou en désaffection. Ce faisant, il dresse là un portrait d’Edison Denisov précis et novateur. A la fois proche et distant. Un peu comme un petit-fils qui n’aurait que peu connu le grand-père mais dont la musique ne cessera jamais de l’accompagner.

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