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Hortense Cartier-Bresson : quand Bach rencontre …

Hortense Cartier-Bresson

Quand Bach rencontre Shoenberg, Berg et Webern

La pianiste Hortense Cartier-Bresson, après un magnifique enregistrement consacré aux derniers opus de Brahms, nous propose un disque mettant en regard trois Toccatas de Jean-Sébastien Bach, les trois pièces opus 11 d’Arnold Schoenbeg, la sonate d’Alban Berg et les variations opus 27 d’Anton Webern (label Aparte). Une idée qui lui est venue en travaillant les Toccatas de Bach.

Hortense Cartier-Bresson parle avec passion des liens qui sont tissés entre ces compositeurs et  entre ces oeuvres. Et de son amour, lorsqu’elle était enfant, pour la musique de Bach, musique qui ne l’a plus quittée depuis vingt ans. Sans oublier une évocation émouvante d’un de ses maîtres, le grand György Sebök et du festival de muisque de chambre de la Prée qui lui tient tant à cœur, et au sein duquel elle retrouvera, du 3 au 6 juin prochains, de très  talentueux musiciens. « Un lien existe entre l’écriture des anciens et celle des novateurs » affirmait Schoenberg.

Quand Bach rencontre Shoenberg, Berg et Webern : Entretien de Frédéric Hutman avec Hortense Cartier-Bresson

« Un lien existe entre l’écriture des anciens et celle des novateurs. » (Shönberg)


« (…) Que peut nous apporter la mise en regard proposée sur ce disque ? Bien sûr, elle met en évidence les aspects structurels qui relient Bach et les trois Viennois : techniques d’écriture, contrepoint, forme, idéal de cohérence qui leur serviront de modèle. Mais c’est le lyrisme et la grande liberté qu’on retrouve de part et d’autre qui importent ici. L’inspiration fantaisiste des Toccatas, presque lunatique dans ses soubresauts expressifs, adossée à une grande rigueur d’écriture, peut directement se rapporter aux éclats du troisième mouvement de l’opus 11 de Schönberg ou à Berg ; leur construction bien particulière en épisodes également, tandis que le travail sur le motif (varié, développé) souligne celui de Berg, de Schönberg (premier mouvement) ou de Webern (troisième mouvement).

Ne retrouve-t-on pas un peu du lunaire épisode lent de la Toccata en fa dièse dans ce dernier ? Il est difficile, lorsque l’on écoute les pièces de la Seconde École de Vienne, d’évacuer les questions tonalité/atonalité ou consonance/dissonance, qui jouent un rôle prépondérant dans notre appréhension de la musique. Ce parallèle avec les Toccatas de jeunesse de Bach offre peut-être la possibilité de reconsidérer nos modes d’écoute de ces œuvres. Et à l’inverse, leur lyrisme avive celui de la musique de Bach, loin de l’austérité sculpturale qu’on peut parfois lui attacher. » (Extrait du livret par Justine Harrison).

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