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Cinéma : Le dernier piano

Le dernier piano

Un film de Jimmy Keyrouz, sur une musique originale de Gabriel Yared (Sélection officielle Cannes 2020).

En salle à partir du 13 avril 2022.

« Quand la liberté ne tient qu’à une note ».

Venues d’Ukraine, les images d’une pianiste jouant au piano une dernière fois avant de quitter son appartement ont alarmé les européens. La musique et l’art donnent de la joie quand la période est insouciante, elle offrent l’espoir quand, autour de soi, les bombes et l’insensé ravagent un pays et sa culture. Le film de Jimmy Keyrouz, Le dernier piano, rend à la mémoire des européens le drame plus lointain de la Syrie, soulignant l’effet puissant de la musique.

Le dernier piano : L’histoire

« L’histoire vise à montrer comment la musique peut transformer un lieu, détourner l’attention des gens, des explosions et des bombes, et donner l’espoir dont on a tant besoin dans un endroit où il n’y en a presque pas. » (Jimmy Keyrouz)

Il s’appelle Karim. Dès les premières images, on le sent éloigné et perdu. Pianiste, il rêve de quitter la Syrie pour Genève. Une audition, une autre vie peut-être, l’attendent. Mais au beau milieu de cette Syrie qui n’est plus qu’un nulle part au fin fond de la folie meurtrière, l’obscurantisme le retient et l’absorbe. L’Etat islamique détruit, terrorise et anéantit. Reste le piano, et une quête héroïque pour restaurer l’instrument et défendre la liberté.

Le dernier piano est une belle fable de cinéma

Le réalisateur libanais Jimmy Keyrouz réussit là un film difficile sur un sujet sensible où il est plus aisé de s’enliser et de céder aux sirènes des lieux communs que de faire une oeuvre militante mais artistique. « Le film raconte l’histoire d’un musicien qui se bat pour reconstituer son piano après qu’il ait été détruit par des combattants de l’État Islamique, dans un pays ravagé par la guerre où la musique a été interdite. Dans sa folle quête de sauver son piano, et contre toute attente, le protagoniste de l’histoire, Karim essaie aussi de se reconstruire lui-même et de montrer à sa communauté qu’il existe encore de belles choses pour lesquelles il vaut la peine de se battre, comme la musique. » écrit le réalisateur.

Oui, le personnage de Karim, déterminé et introverti à la fois, est magnifiquement interprété par Tarek Yaacoub. Oui, l’histoire inspirée de faits réels est prenante. Certains personnages comme la combattante Samar que Karim rencontre au cours d’un périple à Ramsa manquent toutefois de vérité. A ceci près que cette déesse du désert maquillée et pomponnée apporte quelque fraîcheur cinématographique, tout comme la musique originale composée par Gabriel Yared. Très présente, cette musique longe en permanence les sentiments du personnel principal, contribuant à faire du Dernier piano une fable de cinéma qui rappelle avec justesse la force de l’imagination et des arts dans la lutte féroce qui oppose le monde d’hier aux extrémismes de tous bords.

Une production ALBA Films. Le 13 avril 2022 au cinéma.

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